
Voici le texte entier de l'article consacré au Porthublé, paru dans l'Echo des Arènes (Parution Juillet 2010) :
Porthublé, au fil de l’eau
Nous avons pris notre bâton de pèlerin pour vous faire découvrir ou redécouvrir les multiples visages de Chaniers, la commune aux cent villages. Notre première étape nous a conduit au bord de l'eau. Porthublé nous conte l'histoire de figures pittoresques...
Blotti sur la rive droite de la Charente, entre les Arciveaux et le bourg de Chaniers, le petit village de Porthublé coulait des jours paisibles. Le parc du château avait les pieds dans l'eau et Porthublé vivait au rythme de l'onde. Le chemin de fer est arrivé en 1867, brisant ce tableau enchanteur. La D24 portait un peu plus tard la dernière estocade.
Une époque épique
Le fleuve a été une voie de passage de premier ordre. De l'ancien port du village partaient les pots et les tuiles - thubias en Saintongeais fabriqués à La Chapelle des Pots.
C'est vraisemblablement de cette activité que le village tire son nom. "Port-Thublier", par extension serait devenu "Porthublé". Mais une autre version vient contrarier celle-ci. Porthublé trouverait son origine dans le blé qu'on y chargea et y déchargea pendant de longues années. Et cette histoire encore proche fait remonter des souvenirs.
Le village comptait alors cinq exploitations agricoles et viticoles à une époque où le tracteur n'en était qu'à ses débuts. On cultivait les terres sur la falaise calcaire, mais aussi celles de la riche plaine de Courcoury, sur l'autre rive du fleuve. Pour aller aux champs, on faisait appel à Alain Laronde et à Gaston Courdet - un ancien Joyeux de la Guerre 1418 - tous les deux concessionnaires du bac qui assurait la liaison entre les deux rives. Ces deux figures pittoresques ont marqué l'histoire du village. C'était l'époque où les caves de Porthublé avaient du mal à finir l'été, tant il faisait soif sur ces bords de Charente. On refaisait le monde, L'Humanité à la main. Quand les échanges se musclaient, on prenait place autour de la table. On oubliait Staline et Thorez quelques instants, assis au bord de l'eau qui coulait dans la Charente à la vitesse du vin du père Hérault dans les verres.
Les souvenirs de Bemard Météreau sont moins mouvementés. Avec son épouse Simone, ils sont arrivés en 1951 à Porthublé. Tous deux ont exploité les terres du château jusqu'à la retraite. Bernard Météreau voit encore les pibales remonter le fleuve jusqu'à la Baine. Les précieux alevins ont disparu, mais l'endroit est resté très prisé des pêcheurs : «On y vient de partout pour attraper la carpe». On chassait le canard sauvage à la tonne, mais ces abris ont du faire place à la ligne à très haute tension qui court désormais dans la vallée de la Charente. Simone et Bernard Météreau n'ont pas oublié 1982, l'année de la grande inondation. «Le fleuve était venu lécher la voie ferrée.» Plus rien ne passait. Porthublé avait retrouvé son calme d'antan.
Au cours des siècles
L’histoire du Porthublé est étroitement liée à celle des familles qui se sont succédé dans son château. Jusqu'à la fin du XVIème siècle, il aurait appartenu à une vieille famille saintongeaise, la famille Gallet. Au siècle suivant, il devenait propriété des Brétinaud de Méré. Grosse fortune, le marquis Brétinaud de Méré possédait la moitié de Chaniers. On lui connaissait au moins cinq domaines dont celui voisin de La Boucauderie. Descendant d'une vieille famille aristocratique qui comptait bon nombre de valeureux militaires, le marquis fut l’un des premiers maires de Chaniers, avant d’être jeté en prison aux cris de « Vive la République !» et d’être réélu cinq ans plus tard, aux cris de « Vive le Roi !» C'est à cette époque que l'on vit beaucoup sur les bords de Charente, le peintre libournais René Princeteau. Il exerça son exceptionnel talent en immortalisant les chasses à courre dont Monsieur le marquis était friand. Ces scènes de chasse sont visibles au musée des Beaux-Arts de Libourne. La lignée des Brétinaud de Méré s'est éteinte. La dernière descendante qui avait épousé le Sieur Prévaudeau, est décédée au château sans enfant. Le domaine a été racheté par Monsieur Wouet qui l'a lui-même revendu à Monsieur Pérois. Monsieur Chambry a rénové avec beaucoup de goût les dépendances qu'il habite aujourd'hui.
Le renouveau
Les volets du logis sont restés clos pendant cinq ans. La vie a repris au début de cette année. Max-André Dellezigne et sa maman ont eu le coup de foudre pour la région et pour la demeure. Conseillère d'éducation à la retraite et artiste peintre à ses heures, Chantal Dellezigne s'avoue une passion pour la Renaissance italienne et le château du Porthublé de plan rectangulaire «avec sa façade sobre donnant sur de belles terrasses» l'a séduite d'emblée. Les grandes demeures ne font pas peur à Max-André Dellezigne. Il quitte une vaste maison bourgeoise qui abritait sa galerie d'art au coeur de Quillan dans l'Aude. Il leur manquait un jardin, ils l'ont trouvé à Porthublé. Amateurs de culture, les soirées en pays Cathare tournaient en rond. Ils arrivent en Saintonge romane, une région à l'agenda culturel bien rempli.
Les travaux de restauration intérieure du château - dont les derniers remontent aux années 70 - devront tenir dans un budget de 75 000 euros. Max-André Dellezigne a un moral d'acier et quoiqu'il advienne, le 14 septembre, les Dellezigne seront Chagnolais. MaxAndré Dellezigne va installer son entreprise dans l'une des pièces du château. «Cinquante mètres carrés me suffisent pour entreposer mon matériel». Il vend par internet des parfums, bougies, encens... que l'on peut se procurer en cliquant sur www.ciels.info. Il écrit aussi des livres sur la spiritualité et trouvera à n'en pas douter l'inspiration au pied du cèdre plusieurs fois centenaire, sous un "ciel" qui l'a déjà envoûté.
Sylviane Guérif

il est vraiment dommage que les soirees culturelles tournent en rond partout en France....et pas seulement dans le Pays Cathare. le Jardin lui n'est qu'une excuse pour garder maman occupee afin de ne pas faire chier son fils..... facile de s'inventer des excuses.... Bon courage....Maman sera toujours la meme apres que le Portuble soit renove.
RépondreSupprimerattention a l'eau ca monte
alain laronde,le passeur etait le frere de ma grand-mere
RépondreSupprimerj'ai passe un ete il y a presque 60 ans a Porthublé...je me souviens de la table...d'un arbre creux...d'une famille dans une petite caravane (on disait:roulotte)..l'oncle alain avait une compagne brune avec les cheveux courts qui fumait des brunes..elle me trimbalais sur son velo .ils logeais dans une maison a moitie bouffee par les thermites...j'y trouvais dans un coin une pile du journal "vaillant" l'ancetre de pif le chien...je ne me souviens pas si je savais lire a l'epoque..
alain(..moi aussi)