
Le chevalier de Piis, nommé secrétaire du roi Charles X, a eu l’honneur de notices dans les différentes éditions du Larousse, en qualité d'homme de lettres, dramaturge, chansonnier, vaudevilliste et protecteur du Carnaval de Paris. Outre d'être dit-on le créateur de la célèbre chanson « A la pêche des moules », il fut l'amant de la fille de Claude Latache, mousquetaire du roi et accessoirement propriétaire du Porthublé au XVIIIe siècle.
On suit à la trace le Chevalier de Piis dans la "Biographie Saintongeaise" de Pierre Damien Rainguet paru en 1831 dont voici ci-après quelques morceaux choisi :
Antoine-Pierre-Augustin de Piis est né à Paris le 17 septembre 1755, il appartenait à une famille distinguée de la Guyane. Il passa sa jeunesse à Saintes, non loin du marquis de Piis, son parent, qui avait épousé Bayonne de Copenne. Ils résidaient au château de Mirambeau. C’est pourquoi le chevalier a « transporté sur la scène les airs, les bals, et jusqu’au patois saintongeais, réminiscence de ses visites à Panloy, à Bussac, au Port-d’Envaux, à Cognac, à Dompierre, à Chaniers et au Porthublé, charmant petit castel si coquettement posé au milieu de grands peupliers, en face des vastes prairies de Courcoury, qu’on dirait l’original d’un gracieux tableau de Paul Potter ». Il « a surtout rappelé, dans les scènes qu’il a décrites, son séjour au Portublier (Porthublé) qu’il affectionnait particulièrement et dont il ne se détacha qu’à regret ». Il est mort le 22 mai 1832, « alors qu’il rédigeait ses Mémoires dont nous ignorons le sort ». Le discret abbé se garde de dévoiler l’origine de l’affection de Piis pour le Portublier, mais celle-ci est connue.
L’intérêt du « chevalier » pour le Port-Tublier (Porthublé), en Chaniers, près de Saintes, est dû à une liaison malheureuse avec une fille du lieu, liaison qui lui a donné son seul enfant : Édouard de Piis, sorti de l’école de Fontainebleau avec le grade de sous-lieutenant, qui a été tué au combat de Busaco, au Portugal, le 27 septembre 1810. Il parle de ce fils dans une lettre à un ami datée du 4 prairial an 8 (23 mai 1800) : « Vous me demandez des nouvelles de ce qui m’intéresse. J’ai épousé, comme vous, une femme selon mon coeur. Je n’ai point d’enfant d’elle ; mais j’élève, sous ses yeux et avec son amitié, le fils que m’a laissé Melle L... » [7]. Il est plus précis dans une note de son carnet : « Souvenirs délicieux de Chaniers, au bord de la Charente. Peupliers de Melle Latache. Carrière où je faisais ma toilette. Le père et l’oncle, etc. Regrets éternels de ne pas m’être marié avec cette personne estimable... ».
Dans une chanson intitulée « A ma femme, qui vouloit savoir le passé », il appelle « mademoiselle Latache » Cidalise :
Entre Saintes et Chaniers
Cidalise, plus sage,
N’agréa mon hommage
Que sous ses peupliers.
Sur la Charente
Sa main, un beau jour,
Chassa la barque errante
De mon amour.


